Vis ma vie d'exploratrice – Introduction

Catégories Réflexions sur l'écriture4 Commentaires

Pour fêter la reprise du blog, j’inaugure aujourd’hui une nouvelle série d’articles, sobrement intitulée « Vis ma vie d’exploratrice ». L’idée m’est venue après la lecture de l’excellent article de Julien Hirt sur les trois types d’auteurs. Je savais déjà être plutôt jardinière qu’architecte, il est donc assez cohérent que je me sois reconnue dans le profil d’exploratrice. Sans revenir sur la typologie que Julien propose, il m’a semblé intéressant de vous proposer une série d’articles sur le sujet, sous l’éclairage de ma propre expérience.

Connaître son fonctionnement…

Je suis convaincue depuis longtemps de l’importance de connaître son propre fonctionnement en tant qu’auteur pour dépasser ses éventuels blocages. Lorsque j’ai commencé mes romans, il m’est très vite apparu que mes méthodes différaient de celles de mes amis auteurs, notamment quand il s’agissait d’organisation. Je me souviens avoir longtemps bavé devant leurs frises chronologiques détaillées et la maîtrise qu’ils avaient de leur univers. Pourtant, à chaque fois que j’essayais d’appliquer leurs conseils, je me sentais comme face à un mur. Page blanche.

Après quelques années, j’ai fini par comprendre et accepter que mon rythme créatif interne est très différent du leur. Par exemple, je déteste me préoccuper de worldbuilding en amont de la phase d’écriture. Pratique, me direz-vous, surtout lorsqu’on écrit de la Fantasy. Pour moi, l’intrigue naît de ce moment précis où les mots se forment sur le papier. Il m’est d’ailleurs souvent arrivé d’écrire quelque chose qui n’était absolument pas prévu et de devoir revenir dans les chapitres précédents pour rafistoler le tout.

Alors évidemment, les Architectes penseront que mes méthodes sont chaotiques, que j’aurais pu éviter tout ça en planifiant à l’avance mon intrigue. Les Bricoleurs, quant à eux, me diront « pas grave ! avance, tu corrigeras tout ça plus tard ». En réalité, je déteste la phase de correction. Pour le comprendre, imaginez que mon roman est un tapis au motif complexe en cours de tissage. Si une maille n’est pas parfaitement tissée, il m’est impossible de continuer. Je dois revenir en arrière et rattraper le coup avant de pouvoir enchaîner. Car les chapitres précédents sont la base des suivants, et ainsi de suite.

… pour mieux le combattre !

Pas de doute : je suis donc une exploratrice. Je sais que je ne prends du plaisir que dans la phase d’écriture. Les étapes de planification et de correction m’ennuient. Que faire de cette information ? Je pourrais laisser couler, accepter qu’écrire me prend énormément de temps et qu’il n’y a rien à faire contre ça. Je pourrais embrasser pleinement mon profil d’exploratrice. Être fière de la spontanéité qu’il me permet d’insuffler à mes romans. Mais il y a plusieurs problèmes.

D’une part, en tant qu’exploratrice, si je veux être efficace, il faut que j’entretienne un lien constant avec mon histoire. Je ne peux pas laisser mon jardin sans surveillance, sous peine de le voir envahi à mon retour par les mauvaises herbes de l’incohérence. Or, écrire tous les jours prend un temps qu’il n’est pas toujours simple de trouver au quotidien. Nombre de mes pages blanches trouvent leur explication dans un manque de régularité. J’ai l’impression de devoir réapprendre à tisser à chaque fois que je me retrouve devant le métier, où les fils se sont emmêlés en mon absence.

D’autre part, il peut être très frustrant d’être face à un mur. Quand je bloque, je sais qu’il y a un souci mais il n’est pas toujours évident de mettre le doigt dessus. Personnage ? Intrigue ? Parfois, il faut attendre une discussion, un déclic… Ces détours me font donc perdre un temps précieux.

J’utilise volontairement un vocabulaire guerrier, car au fil du temps, j’ai dû développer des stratégies pour vaincre mes mauvais travers sans perdre de vue l’essence de mon rythme créatif. En d’autres termes : devenir une exploratrice éclairée, telle une Indiana Jones de l’écriture à qui rien ne peut arriver ! Je vous spoile un peu : je n’ai pas encore trouvé le secret de la classe de Harrison Ford. Mais je progresse de jour en jour dans l’appréhension de ce doux équilibre. Et j’aimerais en faire profiter les autres explorateurs, dans l’espoir qu’ils évitent certains trous dans lesquels je suis glorieusement tombée. On se retrouve donc au prochain article !

En attendant, n’hésitez pas à partager vos éventuelles interrogations. Qu’est-ce qui vous pose le plus problème dans l’écriture ?

Photo by Dino Reichmuth on Unsplash

4 commentaires sur “Vis ma vie d'exploratrice – Introduction

  1. Le fonctionnement des Jardiniers me fascine. Pourtant j’ai longtemps marché comme ça – jusqu’à ce que je me rende compte que les histoires qui en sortaient étaient toutes pourries, pas du tout structurées, avec des personnages tout plats, etc.
    Je ne pense pas que ce soit dérangeant que tu passes du coup du temps sur la phase de rédaction puisque, si c’est ta manière de faire, c’est le temps le plus efficace. Tu n’as pas besoin de passer de temps sur la planification et tu as sans doute des corrections moins lourdes.

    En tout cas c’est un article très intéressant !

    1. C’est justement ce que je vais essayer de faire dans cette série : montrer comment je concilie mon fonctionnement d’exploratrice avec des méthodes inspirées des autres auteurs pour trouver un équilibre qui, je pense, profite à mes histoires. Cela dit, tu as raison : mon histoire se structure au fur et à mesure, et j’aurai peu de corrections puisque les problèmes sont résolus immédiatement.

      Merci pour ton retour !

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.