Journal d’un roman à naître #4 – Elya

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Je suis quelques chaînes Booktube, notamment celle de Lilibouquine. C’est sur son Instagram que j’ai découvert le concept des tableaux d’inspiration. Et j’ai beaucoup aimé ! J’ai eu très envie de reprendre l’idée pour vous présenter les personnages de mon roman. Je vous retrouve donc aujourd’hui pour vous parler d’Elya. Comme je l’ai expliqué dans un autre article, tout mon projet s’est construit autour de ce personnage. Elle est au cœur du roman.

Elya : inspirations d’ici et d’ailleurs

Je vous présente, avec une fierté non dissimulée, le tableau d’inspirations que j’ai créé pour Elya. Il va sans dire que je ne suis propriétaire d’aucune des images qui s’y trouvent. Je n’ai fait que les associer pour dessiner mon personnage.

Elya est donc une jeune femme dont je situe l’âge dans une vingtaine bien entamée. On la retrouve dès le prologue dans une situation assez dramatique : prisonnière d’une bande de mercenaires, loin des siens et de ses terres, régulièrement violée, humiliée. On ne sait ni où on l’emmène, ni pourquoi elle a été enlevée. Son clan a été massacré. Elle est plongée dans une violence de tous les instants, sans avoir les armes physiques et mentales pour se défendre ou se préserver. Eh oui, le moins que l’on puisse dire, c’est que je n’ai pas été tendre avec elle pour ce début de roman !

C’est difficile d’expliquer pourquoi Elya s’est présentée à moi dans une telle détresse psychologique. J’ai toujours voulu créer un personnage féminin affranchi des clichés du genre. Une femme indépendante, forte mais faillible. Quelque part, avec ce début de roman, je fais tout l’inverse, mais c’est pour mieux m’en détacher par la suite. Je trouve la dynamique intéressante, comme s’il fallait qu’Elya passe par toute cette violence pour se dévoiler, à moi et aux lecteurs, telle qu’elle est.

Ayant toujours vécu dans les Terres Glaciales (Halvgaar), en marge du royaume de Soltice, elle ne connaît rien de ses hommes et de son fonctionnement. Son seul point d’ancrage, tout au long du roman, est un lien très particulier qu’elle entretient avec la Terre, véritable déesse dans mon univers.

Un lien mystérieux

Tout est parti de ce personnage d’Elya alors ? Comment as-tu vécu avec elle alors que tu n’écrivais pas encore ce roman ? Est-ce que tu arrives à comprendre maintenant, avec un peu de recul, pourquoi ce personnage-là t’as « attachée » à son histoire ?

Depuis qu’elle m’est apparue en 2014 (pour le coup, c’était une vraie fulgurance, car j’ai écrit le texte où je la mets en scène en une ou deux heures), j’ai toujours su qu’Elya finirait par avoir son roman. Elle m’a accompagnée, inconsciemment, tout au long de la maturation de mon projet. Tous les éléments de mon univers ont naturellement cherché à graviter autour d’elle, comme si elle était l’A et le Z de mon roman.

Avec un peu de recul, je pense que c’est sa détresse psychologique qui m’a interpellée. Un statut de prisonnière maltraitée pose toujours des tas de questions, des nœuds dramatiques. J’ai eu envie de découvrir les réponses, de la voir évoluer. C’est un personnage que j’ai envie de consoler tout en lui faisant vivre des atrocités. Et puis, au-delà de ça, Elya incarne tout plein de thématiques qui sont riches de possibilités : le déracinement, la religion, l’enfermement, la maltraitance physique et psychologique…

C’est difficile de vous parler d’elle sans vous spoiler. J’espère avoir réussi à vous la présenter grâce à ces quelques mots et images. Si vous avez des questions, n’hésitez pas, j’y répondrai avec plaisir en commentaire !

8 commentaires sur “Journal d’un roman à naître #4 – Elya

  1. C’est super évocateur ce tableau d’images ! Ça m’évoque beaucoup de choses, avec des images plus froides et hostiles que d’autres. Y a un peu une opposition entre la chaleur et le froid. La chaleur paraît humaine, et le froid est souvent étendu comme un paysage. On sent aussi à la fois la fragilité du personnage, avec les mains graciles, un personnage fragile aux extrémités, mais construit sur un noyau très dur, d’ailleurs c’est marrant que tout le tableau tourne autour de ce portrait au centre qui la rend très humaine. C’est vraiment très bien fait !
    C’est vrai que c’est sans doute dur de pas spoiler, mais j’aime beaucoup la thématique du déracinement, elle me parle, et j’adore l’idée de la Terre comme déesse ! J’ai hâte de retrouver Elya dans ton roman maintenant :ninja:

    1. Ah c’est génial ! Tout ce que tu perçois dans ce tableau, c’est exactement ce que j’ai voulu transmettre ! Surtout le noyau très dur, ça me fait terriblement plaisir car je voulais éviter à tout prix qu’elle ne semble totalement « faible et soumise ».
      Tu retrouveras Elya dans le chapitre 2, dont j’écris en ce moment la dernière scène !

  2. Super idée! J’aime beaucoup. Les images se donnent un sens l’une par rapport à l’autre et se renforcent mutuellement. Je me demande si je ne vais pas tenter l’expérience…

    « C’est un personnage que j’ai envie de consoler tout en lui faisant vivre des atrocités »: je me reconnais un peu sur ce point, même si je ne vais pas aussi loin que toi dans la violence (ou du moins, d’après le peu que j’en ait vu, mon style l’atténue un peu quand le tien la souligne).

    Bravo en tout cas pour l’énergie que tu déploies pour ces personnages et ce roman, et pour ta progression!

    1. C’est une expérience très sympa, même si ça peut être laborieux de trouver des images qui correspondent à ce qu’on a en tête. Je vais essayer de le faire pour mes autres personnages.
      Pour le coup, je pense que mon style la souligne un peu moins dans la suite ! Le prologue était assez « unique » en ce sens, car de toute façon je ne pense pas qu’un tel style maintiendrait l’intérêt du lecteur sur la durée.
      Merci beaucoup pour ton passage ici ! J’attends impatiemment ton point de septembre, de mon côté ^^

  3. Comme on dit, qui aime bien châtie bien ~

    J’ai eu l’occasion de faire quelques uns de ses tableaux d’inspirations visuels, ça prend un temps fou, tu as de quoi être fière ! Cette Elya a quelque chose de très mystérieux, qui devient rapidement fascinant associé aux image de feu et de danse. Un petit côté Salomé sans doute, mais réellement captive. L’image centrale est très belle, alors que l’expression du personnage reste très énigmatique… Si elle te regardait comme ça, ça ne me surprend pas que tu aies eu envie de comprendre pourquoi ce regard !

    1. En effet, c’est chronophage ! Mais c’est vraiment un exercice plaisant à réaliser.
      Tu es la deuxième personne à me parler de Salomé, je trouve ça assez génial ! (surtout que ce n’est pas forcément conscient de ma part)

  4. Ton tableau d’inspirations est magnifique. C’est très intéressant à voir, ça fait comme un prolongement de ce qui se dégageait déjà d’Elya dans le prologue et ça accentue certaines choses.
    J’ai hâte d’en découvrir plus sur elle.

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