Qu’est-ce qu’une « bonne » idée de roman ?

Catégories Réflexions sur l'écriture

Comme beaucoup d’auteurs amateurs (N.D.L.R pas tous, j’y reviendrai d’ailleurs dans un prochain article), mon horizon est l’écriture (et la publication) d’un roman, plus spécifiquement de Fantasy. Cela fait plusieurs années que j’y réfléchis, sans parvenir à mettre mon esprit en mouvement vers cet objectif. Après réflexion, je me suis rendu compte que pas mal de petites choses m’ont freinée, d’où l’idée d’une série d’articles sur les difficultés de se lancer dans un tel projet. Je pense que tous les auteurs concernés se sont déjà posé la question : est-ce que mon idée de roman est une bonne idée ? C’est le sujet de ce premier article.

En attendant l’idée…

Aujourd’hui, je regarde en arrière sur mes premiers coups de rame romanesques. Je me rends compte qu’il y a deux pièges dans lesquels je suis tombée et qui m’ont fait perdre un temps précieux :

  • D’abord, penser que l’idée du siècle allait apparaître d’elle-même, toute prête à être exploitée. Un peu comme si d’un coup, l’inspiration décidait de se pencher sur mon cas. Bien sûr, je creusais déjà de mon côté quelques idées de thèmes ou de personnages… Mais sans conviction. Le tapis ne se déroulait pas dans ma tête. J’avais cette croyance erronée que THE idée, celle qui serait la base de mon roman, allait forcément s’imposer à moi, un beau matin. Que je saurais tout de suite que j’avais trouvé le ciment d’une histoire qui valait la peine d’être racontée.
  • Ensuite, dévaloriser la moindre de mes idées (celles que je déterrais à coups de pelle, m’voyez…). Oui, forcément, parce qu’elles étaient toutes mauvaises au regard de l’idée géniale qui finirait bien par venir. Elles manquaient d’originalité, de cohérence, elles ne tenaient pas sur la longueur… Je trouvais mille raisons de dénigrer ce qui sortait de mon cerveau.

Ces deux mécanismes m’apportaient l’excuse rêvée pour continuer de procrastiner sans culpabiliser. Non, je ne pouvais pas commencer la rédaction de mon roman, voyons, sans l’idée fondatrice ! Non, je ne pouvais pas non plus me lancer à fond dans ce projet s’il manquait la colonne vertébrale ! Et des mois sont passés, porteurs de la même incertitude.

L’inspiration, amie ou ennemie de l’auteur ?

Après réflexion, je pense que ces deux écueils sont assez courants pour les auteurs amateurs. La société française est l’héritière d’une conception de l’auteur-artiste selon laquelle l’écriture se vit comme une révélation. La création artistique est perçue comme un processus un peu sacré, et surtout très mystérieux. En conséquence, on surestime généralement l’importance de l’inspiration. Ah, l’inspiration. Amie ou ennemie de l’auteur ?

En ce qui me concerne, j’ai souvent commis l’erreur de la considérer comme une fin, et non comme un moyen. Aujourd’hui encore, je peine à me dire que je peux (dois) écrire même si je ne suis pas inspirée, et que c’est en écrivant que je vais parvenir à cet état de transe tellement propice à l’écriture. Je continue de penser que l’inspiration est nécessaire si l’on souhaite atteindre une certaine vérité de ton dans ses écrits. Mais à présent, j’ai compris que je ne peux pas me permettre de l’attendre. L’inspiration ne tombe pas du ciel. Elle ne découle pas de la chance, ni du hasard. Elle naît au contraire d’un travail quotidien, qu’il faut être prêt à fournir si l’on veut avancer.

Surmonter les blocages

Mener cette réflexion a été salvateur pour mon projet de roman, et ce pour plusieurs raisons :

  • Tout d’abord, parce que cela m’a permis de comprendre qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée de roman. Il y a seulement des idées qui vous portent plus ou moins, et que vous avez plus ou moins envie de porter. Toute matière peut donner naissance à un roman cohérent et original. L’important, c’est votre envie de l’exploiter et de la transmettre à des lecteurs.
  • Ensuite, parce que j’ai réalisé qu’il n’y a jamais une seule idée, unique et indissociable. Il y a au contraire une multitude d’idées qui, mises bout à bout, forment une cohérence.

Ces deux révélations peuvent sembler évidentes, mais elles ne l’ont pas été pour moi. Or, elles permettent de faire sauter bon nombre de blocages. Désormais, je considère mon projet de roman comme un puzzle coloré et imprévisible dont j’assemble les pièces peu à peu. Par exemple, si j’ai une idée de personnage, je vais chercher à la greffer aux autres pièces déjà en place (une situation, un lieu…), et souvent cette recherche d’affinités entre mes idées révèle d’autres possibilités. Le puzzle s’agrandit doucement. Et à partir du moment où je réfléchis à la position de chaque pièce, je ne me pose plus la question de savoir si mon idée est bonne, si elle vaut le coup, si elle est originale… Dès lors, ma seule préoccupation est la cohérence de l’ensemble.

C’est selon moi une manière beaucoup plus sereine d’aborder un projet de roman, qui dépend moins de l’inspiration que d’un travail régulier.

Et vous ? Avez-vous déjà rencontré des blocages de ce genre ? Comment les avez-vous surmontés ? C’est toujours un plaisir d’échanger avec vous dans les commentaires dans n’hésitez pas !

13 commentaires sur “Qu’est-ce qu’une « bonne » idée de roman ?

  1. J’avais déjà lu un livre qui avait été publié pour aider à écrire et il stipulait qu’il fallait se restreindre à écrire TOUS les jours, malgré qu’on n’est pas forcément l’inspiration. C’est primordial et c’est vrai. Je le constate. Moins tu écris, moins tu arrives à trouver des idées et moins c’est facile d’aligner des mots pour faire des phrases. Je pense aussi que moins tu écris, moins tu as confiance en toi et moins tu oses. Ça devient un cercle vicieux. Tu en viens à te poser beaucoup trop de questions et au final, tu n’écris pas du tout.

    Pour ma part, je dois faire attention à ne pas trop intégrer d’idées au fur et à mesure de mon écriture, sinon, ça devient un vrai capharnaüm. J’ai aussi du mal à me discipliner et à faire un plan ou à faire des recherches. C’est ce que j’aime le moins. Ce que je préfère, c’est écrire. Ça peut être un problème parce que je ne connais pas tout et je pourrais donner une fausse information…

    Enfin, je suis tout à fait d’accord avec ta dernière phrase. Le jour où j’ai compris qu’il ne fallait pas nécessairement être inspiré pour écrire, ça été une libération parce que j’attendais vainement…

    1. Oui c’est vraiment un cercle vicieux. Ca te place dans une position d’attente de l’inspiration qui, au final, se transforme en excuse, et tu n’avances plus.
      C’est vrai que ce n’est pas le même travail d’écrire et d’organiser. Peut-être que tu peux t’y forcer en alternant une phase d’écriture de chapitre avec un peu de planification, qu’ainsi ça paraîtra moins lourd ? Après, certains auteurs préfèrent écrire un premier jet et retravailler tous ces aspects-là au moment de la relecture. Pourquoi pas ?

  2. Je viens apporter mon expérience parce que je n’ai pas tout a fait le même problème au niveau de l’inspiration. En fait, j’ai plutôt trop d’inspiration que pas assez. Je viens de vérifier sur mon ordinateur et j’ai actuellement 23 projets de romans en attentes. Oui, 23, rien que ça. Et encore, je supprime régulièrement les idées les moins intéressantes, mais de nouvelles arrivent sans cesse et c’est presque ingérable. Je me retrouve avec une multitude de romans à un stade plus ou moins avancés et évidemment, rien de terminé.

    Depuis quelques temps j’essaye de me restreindre à travailler sur un seul roman à la fois, d’attendre d’avoir terminé le premier avant de commencé le suivant et ainsi de suite, mais ce n’est pas une franche réussite. J’ai craqué à plusieurs reprises et commencé à inventer ou écrire le début de romans n’ayant rien à voir avec mon projet principal. Je viens d’ailleurs de me remettre à développer mon monde de fantasy alors que je ne suis pas du tout censée travailler là-dessus. Excuse trouvée : oui mais la fantasy me manquait, et c’est pas si grave je n’ « écris » pas vraiment dessus, je prépare juste les choses pour après… Résultat : j’avance comme un escargot et je ne suis pas près de finir mon premier roman et encore moins les suivants. Ça vient du fait qu’à l’inverse d’Éphémère, même si j’aime beaucoup écrire, j’aime encore plus inventer et faire des recherches et je me perds au milieu de tout ça.

    Au final, qu’on manque d’inspiration ou qu’on en ai trop, on s’accorde sur le fait qu’écrire régulièrement est important. Les mots viennent ainsi plus facilement et on se pose moins de questions. Ça aide aussi beaucoup à garder notre motivation et ne pas se décourager. Même si ce n’est pas une méthode de travail qui convient à tout le monde, c’est quand même souvent le cas.

    Pour finir :  » il n’y a pas de bonne ou de mauvaise idée de roman. Il y a seulement des idées qui vous portent plus ou moins, et que vous avez plus ou moins envie de porter  » > totalement d’accord avec ça

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire, Saskia !
      Je pense que dans ton cas c’est plus une difficulté à te canaliser sur un seul projet qu’un manque d’inspiration en effet, haha. C’est très intéressant aussi de voir l’autre face de la pièce grâce à ton témoignage ! Moi-même, j’ai actuellement deux idées de romans dans des styles radicalement différents et j’ai remarqué qu’il peut être compliqué de se focaliser. Je pense que j’en ferai un article à l’occasion !

  3. Je débarque sur ton site (nous nous permettrons bien le tutoiement ?), et avant tout chose, je dois dire que je le trouve très agréable à parcourir et stimulant à lire ~

    Cet article me retient en particulier car je me reconnais un peu, pas vraiment sur la façon dont tu as pu surpasser ton blocage qui n’était pas le mien, mais sur les difficultés à se lancer dans le roman. Mon expérience est celle de quelqu’un qui a été incapable d’écrire durant presque quatre ans, ça fait long pour tourner en rond ! Je peux dire maintenant que mon problème n’était pas l’idée, les idées, ni même l’inspiration à laquelle je ne croyais déjà plus. Mon problème c’était le poids de mon projet, son poids, son écrasement, et sa cacophonie pleine de silences qui le rendait inintelligible pour moi. C’était comme porter sa croix sans savoir pourquoi, jusqu’à quand, pour qui, etc. Mon premier déclic est venu des personnages, des détails que je n’avais pas vu se sont retrouvés mis en avant et m’ont permis de différencier structure et plan, ce qui est dit, le propos, et l’histoire. Cette première distinction m’a permis de me rendre compte de ce qui faisait l’essence de mon projet, et de définir l’exposition de ses problématiques.
    Ma structure m’a donc sauvée la mise, j’ai pu envisager mon roman comme quelque chose d’enfin préhensible, mais ça n’a pas suffit pour oser commencer à l’écrire. Outre le fait qu’il m’a fallu accepter qu’on ne pouvait pas être critique et créatif en même temps, le second déclic est venu avec ma psy. C’est drôle, dit comme ça, mais un ensemble de circonstances m’ont à un moment permis de voir une chose magistralement importante : pourquoi moi j’écrivais ce roman-là. Et donc pourquoi ce roman-là il n’y avait que moi au monde à savoir comment l’écrire. J’étais la seule à pouvoir le faire. La seule à savoir. A partir de là, si je rattrape ton article, je n’avais plus à me demander si c’était une bonne ou une mauvaise idée de roman, ni même si c’était original ou non… Ça l’été forcément pour moi, une bonne idée originale, car elle était évidente et obscure en même temps : elle était toute entière à parcourir, et personne avant moi ne l’avait fait comme je m’apprêtais à le faire.

    Voilà, ces blocages sont maintenant derrière moi, et il ne reste plus qu’à écrire. Mais en effet, on peut dire que commencer un roman n’est pas une chose anodine, et qu’elle nécessite parfois un déclic, une révélation qui permet de se lancer avec la confiance nécessaire dans ce voyage de longue haleine.

    1. Je pense qu’en effet nous pouvons nous permettre le tutoiement !
      Tout d’abord, merci beaucoup pour ton avis sur mon blog. Cela fait toujours plaisir de voir que ce qu’on fait trouve un écho chez des lecteurs !

      On peut croire que 4 ans, ça fait long pour se lancer, mais en vérité ça passe très vite, surtout quand on ne sait pas par quel bout prendre un tel projet ! Je crois comprendre ce que tu dis quand tu parles d’écrasement. C’est intéressant de voir que pour toi, le déclic s’est fait grâce aux personnages… Peut-être un signe qu’ils avaient déjà commencé à vivre leur propre vie, même si la phase d’écriture n’avait pas commencé.

      Personnellement, j’ai encore quelques problèmes à accepter qu’on ne peut pas être critique et créatif en même temps. Je suis de nature assez perfectionniste, et j’ai conscience que cela ralentit considérablement ma phase d’écriture. Mais je travaille sur moi-même, et franchement, je suis très impressionnée du travail que tu as fait sur toi-même pour avoir ce déclic !

      Bon courage pour ton roman !
      Si tu as un blog aussi, n’hésite pas à le partager, cela me ferait plaisir de le parcourir.

  4. Il faut dire que je fais parti des auteurs pour qui tout part exclusivement des personnages. J’ai l’impression qu’ils ont toujours eu leur vie propre, et que je n’ai aucun réel contrôle sur leur création ou la définition de qui ils sont. J’ai plus l’impression de les avoir rencontrés et d’avoir contracter une étrange dette auprès d’eux : je suis devenue témoin de leur histoire qu’ils ont accepté de me confier, et je dois donc en témoigner à mon tour. Sauf que parfois ils sont timides, ne disent pas tout clairement, et parfois il y en a un qui me laisse voir un détail inédit qui change toute ma vision des choses. Le formidable pouvoir de l’inconscient, si on ne veut pas croire qu’il s’agit de fantômes étranges et de mémoires égarées !

    Je ne sais pas si tu as une routine d’écriture, mais perso, c’est ça qui m’a aidée à me détacher du regard critique. J’utilisais beaucoup Write or die, qui existe en version bêta et gratuite, et je m’imposais 500 mots par jour qu’il pleuve, vente ou neige. Les premières fois ont été une torture, je ne te le cache pas (même si je n’avais réglé aucune « conséquences » ou récompenses), mais c’est rapidement devenu une aide, un espace délimité où écrire quoi qu’il se passe. La barre de progression me mettait juste ce qu’il fallait de pression pour que je ne puisse pas me retourner sur ce que j’avais écrit, et que j’accepte d’avancer, jusqu’au moment où je n’avais plus besoin de cet espace là pour me créer mon moment d’écriture. Puis après j’ai sauté les deux pieds dans le NaNo en 2016 et j’en reviens toujours pas de l’avoir gagné ! En fait, il faut sans doute désacraliser le fait d’écrire pour ne pas s’imposer la pression d’un premier jet brillant de style et d’intelligence. Et en faire une habitude routinière, presque un automatisme, ça aide énormément, et j’ai d’ailleurs une amie qui a fini son roman entièrement comme ça, à coup de 500 mots par jour. Bref, je dis ça, mais il faut également que je m’y remette huhu ~
    Mais je comprends ce que c’est. J’ai fait des études de lettres, et ça m’avait complètement bridée et inhibée quant à l’écriture. J’étais paralysée à la moindre phrase.

    Bon courage pour ton roman également ! J’ai vu que j’en découvrirai un peu plus sur lui dans un prochain article ~
    Je n’ai hélas pas de blog pour le moment parce que je me persuade que je n’ai rien à y dire (alors je pollue ceux des autres avec des commentaires de trois pages word), mais si un jour c’est le cas… ~

    1. J’ai une vision assez similaire sur les personnages. Je n’ai pas trop l’impression de les construire, plutôt de les découvrir. Est-ce que tu as lu Comme par magie d’Elizabeth Gilbert ? Elle dit quelque chose d’assez semblable sur les idées : qu’elles existent dans notre univers, presque comme des entités indépendantes, et que parfois elles choisissent un esprit humain comme réceptacle pour s’exprimer. Y a quelque chose de très spirituel dans cette manière de voir la créativité et j’aime beaucoup ça.

      J’ai entendu parler de Write or die (il s’agit bien du logiciel qui efface tout ton texte si tu arrêtes d’écrire ?). C’est vrai que pour le moment je n’ai pas vraiment de routine d’écriture, et je pense que ça pourrait m’aider. La difficulté c’est que j’ai un travail très prenant, avec de gros horaires (et imprévisibles), du coup souvent, c’est l’écriture qui en pâtit alors que ça ne devrait clairement pas se passer comme ça. Je vais essayer de l’installer pour voir ce que ça donne !

      J’ai moi aussi fait une prépa littéraire, et à ce moment-là, j’écrivais très peu. J’étais paralysée. L’analyse de texte est un exercice que j’aime beaucoup, mais il en vient à tellement décortiquer un texte, qu’on peut avoir du mal ensuite à se sentir capable de construire une telle complexité en tant qu’auteur. Alors qu’en fait, ce n’est pas vraiment nécessaire ; l’analyse de texte est comme un calque qu’on ajoute a posteriori pour donner du sens aux mots choisis par l’auteur. Il m’a fallu du temps pour le comprendre !

      Oui, je vais faire plusieurs articles pour parler de mon projet, notamment un pour présenter mes personnages. En attendant que tu aies ton propre blog, c’est toujours un plaisir de te voir noircir ceux des autres avec des réflexions super intéressantes !

      1. Je n’ai pas lu ce livre dont tu parles, mais j’ai eu l’occasion d’en entendre des échos. C’est en effet une pensée intéressante, quoique que je suis plus encline à sentir un enracinement de ces fantômes dont on hérite. Comme si nos histoires étaient des plaintes de silences passés. Enfin, c’est de plus en plus mon sentiment vis à vis de ma propre écriture.

        Oui, Write or die, c’est ça ! Après, tu n’es pas obligé d’utiliser le mode kamikaze, il y a plusieurs option. Je pense que l’idéal, quand on a un boulot prenant, c’est de se lever 30min plus tôt le matin pour se consacrer à sa séance d’écriture, ou d’ouverture du fichier texte, parce que tu ne risques pas d’avoir d’empêchement, et tu n’es pas non plus polluée par ta journée de boulot. Bon, après ça dépend du rythme de chacun, certaines personnes ne sont pas du tout matinales ~

        Ahah, en vrai ça me tente de plus en plus d’avoir moi aussi un petit coin de net pour exprimer et partager mon rapport à l’écriture. Je pense que je ne tarderai pas à passer à l’acte maintenant que l’idée s’est implantée dans mon cerveau !

  5. Je te rejoins totalement sur le fait que notre société sacralise l’inspiration. Je pense que c’est très culturel, en fait. Il y a tout un mythe autour du génie, de l’inspiration, des muses, tout ça. Cela a quelques bons côtés, je trouve, parce que ça permet aux jeunes de se lancer (souvent avec des écrits discutacles, on est bien d’accord) sans trop de peur, alors que si on leur dit d’emblée que l’écriture est un travail, ça peut freiner des envies. Pour une première accroche, je ne pense pas que ce mythe soit une mauvaise chose ; après, c’est certain qu’il faut du boulot derrière, et que c’est souvent à ce moment là qu’un tri s’opère U_U (et que des frustrations naissent).

    Je te rejoins aussi sur l’absence de bonne ou mauvaise idée de roman ^^ beaucoup de choses se règlent et se jugent par le traitement, et surtout par l’oeil du lecteur. Par exemple, je n’aime pas Twilight, bon, il n’empêche que pour une génération de gamines, ça a été leur étalon de la « bonne histoire d’amour ». Et l’on ne peut même pas dire que ce qui est bon passe nécessairement à la postérité : il y a beaucoup d’auteurs plaisants à lire qui ont été oubliés par l’histoire littéraire U_U

    C’est d’ailleurs assez drôle, mais les conseils de type « écrire tous les jours », par exemple, sont des conseils que l’on donne aussi aux étudiants en thèse (vu que finalement, notre job, c’est de pondre un bouquin scientifique en trois ans !)

    1. De toute façon, plus j’y pense, plus je me dis que le seul conseil qui vaille est d’écrire un peu tous les jours. Même si ce n’est qu’une phrase. Je pense que beaucoup d’auteurs se laissent décourager par l’idée (fausse) qu’il faut de grandes plages horaires devant soi pour écrire. Le folklore n’aide pas : dans combien de films voit-on un auteur qui va s’isoler à la campagne pendant une semaine pour avancer sur son roman ? La réalité, c’est que dans la vie, on a rarement le temps d’écrire. Mais quand on met les choses bout à bout, on passe aussi beaucoup de temps à ne rien faire : naviguer sur son téléphone, contempler les carreaux de la salle de bain pendant qu’on est aux toilettes (xD), rêvasser dans les transports en commun… Le jour où l’on comprend que tous ces petits moments peuvent être mieux employés, je trouve qu’on a tout gagné.

      Après c’est sûr que c’est beaucoup moins glamour de dire aux gens « tu AS du temps, c’est juste que tu ne fais pas l’effort de le trouver », que « ah oui mon pauvre, tu n’as pas le temps, mais t’inquiète, après tout, écrire, c’est surtout une question d’inspiration divine ». C’est comme ces phrases, « je n’ai pas l’inspiration », « je cherche l’inspiration »… Je les ai souvent dites, mais elles ne veulent rien dire en fait. Je pense de moins en moins qu’on possède l’inspiration comme un objet, et de plus en plus qu’on « entre » en inspiration lorsqu’on commence à écrire et que la scène nous plaît tout particulièrement, résonne en nous.

      Bref, je m’égare. (en plus c’est le sujet de mon prochain article !)
      C’est vrai qu’on a beau parler de « bonne » ou « mauvaise » idée, au final, les seuls juges seront les lecteurs. Certains livres sont des succès commerciaux, et pourtant…

Laisser un commentaire