Les personnages féminins : substance et diversité

Catégories Réflexions sur l'écriture

Vous vous souvenez peut-être de mon article sur la représentation du corps féminin dans les médias de l’imaginaire ? J’y esquissais une thématique qui me tient très à cœur : la place de la femme en littérature (et pas que). Depuis, j’ai découvert la série du Bazar de l’Imaginaire, et l’envie d’écrire mes propres articles sur le sujet s’est faite de plus en plus envahissante. Peut-être parce qu’on n’en parle clairement pas assez sur les blogs liés à l’écriture. Ou peut-être parce que je suis vraiment fatiguée de lire toujours les mêmes personnages féminins, pétris de clichés. Et que je suis exaspérée d’y contribuer parfois malgré moi. Alors voilà, aujourd’hui, j’ouvre cet espace de discussion. J’espère réussir à aborder de manière structurée toutes les idées qui me viennent. N’hésitez pas à apporter votre pierre à l’édifice en commentaires : c’est toujours plus riche quand il y a du partage.

Le jour où la coupe du sexisme ordinaire a débordé

Lors de la #GrosseOP numérique des éditions Bragelonne et Milady, j’ai craqué pour quelques romances. A 99 centimes l’unité, je pense que l’on me pardonnera. Le premier que j’ai lu porte le doux nom de Bad Romance, par Céline Mancellon. Vous me direz : je savais à quoi je m’exposais, avec un tel titre. Certes. Mais je plaide coupable : je n’ai rien contre un peu de niaiserie de temps en temps. Je suis tout à fait capable de mettre mon esprit critique en pause et d’apprécier un navet. Sauf que là… Non. Je pense que la coupe était pleine et que cette énième débauche de clichés a achevé la lectrice pleine de bonne volonté que je suis.

Pourtant, ça partait bien : dès le début, l’héroïne nous est décrite comme ayant du caractère. Pas du genre à se laisser faire, la petite. Elle commence en bottant le cul d’un mec qui reluque sa sœur au camping. Je me dis « chouette, ça change ! », même si on vire presque dans le cliché du garçon manqué.

– Ma petite femme, dit-il d’une voix plus ferme.
J’approche également la tête.
– Si un jour, y’a une putain de connotation machiste dans ta manière de m’appeler comme ça, ne dors plus que d’un œil, la nuit.

Le problème, c’est que ça n’a duré qu’une petite vingtaine de pages, quoi. L’héroïne, dont j’ai d’ailleurs oublié le nom (elle pourrait bien s’appeler Cruche, Pichet ou Broc d’eau, ça ne ferait aucune différence), est ensuite victime d’une sorte de trou noir. Elle tombe sous le charme du bad boy de l’histoire, et pouf. Ca ne fait pas des Chocapic, mais un personnage insignifiant qu’on a lu cent trente-cinq fois. Elle ne défend plus ses idées, accepte tout par amour (même quand il s’agit d’un manque de respect – le pauvre, il l’aime trop, ça déborde) et surtout, finit dans la cuisine à faire des lasagnes pendant que son cher et tendre casse des gueules. Oui oui. En bref, elle devient transparente et ne se définit plus qu’à travers cette romance abusive (coucou syndrome de l’infirmière !).

Je sais Ragnar, moi aussi ça me saoule…

A bas les cruches et les beautés qui s’ignorent !

Si seulement c’était tout. Mais non. Il se trouve qu’en plus, l’héroïne est une beauté qui s’ignore. Si elle est cachée derrière des joggings et des tee-shirts XXL dans les premières pages du livre, on découvre ensuite que c’est une bombasse hyper séduisante. Mais elle n’en a pas conscience. Non, parce que sinon, ce serait une salope. Cerise sur le gâteau ? Elle est vierge et innocente. C’est vachement plus excitant pour Monsieur de posséder un territoire qui n’a jamais été marqué par un autre Mâle ! Et tellement confortable pour Mademoiselle de devenir une femme sous le contrôle d’un musclé bourré de testostérone.

Et le pire ? C’est une femme qui a écrit ce roman ! Qu’on me comprenne bien : je ne tiens pas à faire son procès. J’utilise cet exemple pour illustrer mon article et je suis désolée que ce soit tombé sur elle. Je pense que nous sommes tou.te.s coupables de la transmission de ces clichés nauséabonds. Moi la première. Mais cela pose un paquet de questions, notamment la suivante : pourquoi les femmes sont-elles les premières à tomber dans ces pièges ? Si la romance est un genre qu’il est facile de critiquer, beaucoup de romans laissent au placard la question de la substance et de la diversité des personnages féminins. Quand il y en a. Parce que ce n’est pas toujours le cas. Après tout, le test de Bechdel sous-entend qu’il n’est déjà pas automatique d’avoir deux personnages féminins identifiables par un nom dans une œuvre culturelle.

Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus ?

Alors, à quoi est-ce dû ? Je suis tombée récemment sur un article du Souffle Numérique, qui disait :

À vrai dire, si j’ignorais ainsi les personnages féminins, c’est aussi parce qu’ils ne me paraissaient pas naturels à traiter pour le garçon que j’étais. (…) J’ai donc dans l’idée, dites moi si je me trompe, qu’une auteure se tournera toujours davantage vers des personnages féminins, et qu’un auteur se tournera toujours davantage vers des personnages masculins.

Et j’ai eu très envie de réagir, parce qu’à mon sens, c’est une dangereuse simplification du problème. Je suis une autrice et pourtant, j’ai plus de facilités à écrire certains personnages masculins. Ce n’est pas systématique, car parfois j’appréhende aussi très bien le dynamisme narratif de mes personnages féminins (et parfois j’ai du mal à les saisir dans toute leur complexité). Après tout, le travail de l’écrivain.e n’est-il pas de se glisser dans la peau d’altérités qu’il ou elle ne comprend pas ?

Je pense donc que le problème se situe ailleurs. Nous avons dû nous habituer à ne voir que des héros, jamais des héroïnes. Nous avons dû baisser les bras, accepter que le rôle romanesque de la femme se limite à celui d’un faire-valoir. A tel point que nous avons désormais de la peine à imaginer une héroïne qui tienne la route. Nous manquons sûrement de repères, tous et toutes.

Pourtant, il existe des héroïnes mémorables dans la littérature. A travers ces articles, je vais donc essayer de définir ce qui fait un bon personnage féminin. Je n’ai pas la science infuse, mais au fil du temps, j’ai acquis certaines certitudes que j’ai envie de partager avec vous. J’espère que cela pourra vous être utile autant qu’à moi-même. J’ai l’intime conviction qu’hommes et femmes sont très semblables, et que tous ces clichés viennent d’une croyance fondamentale en leur différence, qui pousse auteurs et autrices à définir les personnages féminins par contraste avec les personnages masculins, et non comme des absolus.

En attendant le premier article, qui traitera du physique des personnages féminins, n’hésitez pas à dire ce que vous inspire une telle série d’articles. J’ai hâte d’en discuter avec vous !

 

Photo de couverture by Hernan Sanchez on Unsplash

16 commentaires sur “Les personnages féminins : substance et diversité

  1. Je me souviens du film Alien. Tous les personnages sont écrits neutres, c’est le réalisateur Ridley Scott qui a décidé qui était une femme et qui était un homme.

    Les personnages masculins et féminins ne sont pas interchangeables, mais prendre ça comme point de départ ça n’est pas la pire des idées. Il m’arrive souvent d’avoir une idée de personnage masculin et d’en faire un personnage féminin juste pour aller contre le courant (ou l’inverse, naturellement).

    Maintenant tu cites des exemples issus de la romance, qui est quand même, bien souvent, un genre qui pue les clichés patriarcaux.

    1. Je trouve ça drôle comme approche, même si je ne pense pas qu’elle me conviendrait. Il est certain néanmoins qu’elle est précieuse si elle permet de prendre le contrepied de certaines attentes que le lecteur peut avoir vis-à-vis d’un personnage féminin ou masculin, et le fait que tu te contraignes à cet effort de pensée prouve que c’est une problématique que tu as intégrée (il me semble que c’est déjà le principal !).

      J’ai volontairement choisi des exemples issus de la romance, parce qu’ils sont parlants et symptomatiques, selon moi, de quelque chose qui se retrouve dans beaucoup de genres. Forcément, c’est rarement aussi exacerbé, mais il n’empêche que ça existe. Et je pense que ces clichés sont tellement subtils et insidieux qu’il devient nécessaire de s’interroger sur nos propres automatismes quand nous écrivons.

      C’est marrant parce que je lisais justement le trilogie de Tearling, par Erika Johansen, et autant le premier tome m’a beaucoup plu parce qu’il présentait une héroïne complexe et intéressante (et plutôt quelconque physiquement !), autant le deuxième a gommé ça par un tour de magie. Pouf, l’héroïne est devenue très belle. D’ailleurs, pour l’adaptation cinématographique, ils ont choisi Emma Watson – depuis quand est-elle quelconque physiquement ? A mes yeux, c’est très décevant. C’est comme si, finalement, une héroïne ne pouvait pas être laide ET captiver le lecteur. Je trouve ça vraiment dommage.

  2. Excellent article ! Très bien structuré, avec des idées pertinentes, bien exposées et bien amenées, et avec le tout avec de l’humour ! Un régal à lire.

    « Elle tombe sous le charme du bad boy de l’histoire, et pouf. Ça ne fait pas des Chocapic » => Tu m’as tué xD

    « le pauvre, il l’aime trop, ça déborde » => Même remarque

    Bon je ne vais pas te citer tout ce qui m’a fait rire dans cet article, mais merci pour toute cette bonheur humeur alors que l’horloge n’a pas encore entamé son 2e cycle !

    Je ne connaissais pas le syndrome de l’infirmière. C’est de toi ou c’est un syndrome connu au même titre que celui du Gary (ou de la Mary) Sue ?

    Concernant l’article du Souffle Numérique, je partage ton analyse. Le propre d’un auteur étant de se projeter dans d’autres réalités, impliquant entre autres de se projeter dans d’autres peaux que la sienne, je trouve toujours inquiétant qu’un auteur justifie l’absence de personnages féminins dans son œuvre par le fait de moins réussir à s’identifier à une personne portant vagin, alors que son héros est un chevalier de l’espace aux capacités télépathiques surpuissantes élu d’une vieille prophétie qui le place en messie sauveur du monde.

    Et puis, en tant qu’homme trans, je suis bien emm*rdé avec cette logique. Je suis censé me tourner plus vers quel sexe pour mes personnages du coup ? XD

    J’espère que de plus en plus d’auteur•e•s oseront s’affranchir des barrières de genre dans l’avenir pour oser créer les personnages qu’iels veulent ! Et comme je dis à un copain auteur qui n’est pas toujours certain des réactions de sa personnage féminine : « homme ou femme, ça reste un être humain. Laisse ton personnage libre de s’affranchir des codes et des attentes qu’on a envers lui juste par rapport à un truc qu’il a entre les jambes ».

    Hâte de lire les prochains articles !

    Chris

    1. Contente que l’article t’ait plu ! J’ai en effet essayé d’y mettre de l’humour parce que c’est une thématique qui, autrement, me déprime au plus haut point. J’y suis devenue de plus en plus sensible au fil du temps et là, je crois que j’ai atteint le ras-le-bol. Du coup, je me suis dit qu’il valait mieux l’aborder en prenant du recul. xD

      Je n’ai pas inventé le syndrome de l’infirmière, mais je ne sais pas si c’est un concept psychologique « officiel » (je veux dire par là que je ne sais pas s’il a fait l’objet d’études ou si c’est juste un concept de psychologie de comptoir). Ca désigne la tendance de certaines femmes à être attirées par des hommes blessés ou malheureux, à tendance autodestructrice, avec l’idée qu’elles vont les guérir par leur amour, les « sauver ». On tombe souvent là-dessus dans les romances : une gentille fille tombe sur un bad boy qui a beaucoup souffert et le remet dans le droit chemin, non sans souffrances des deux côtés. Finalement, même 50 Nuances de Grey répond bien à ce cliché quand on y pense.

      Je trouve aussi inquiétante l’idée qu’il serait plus facile de s’identifier à un personnage de son genre, mais complètement éloigné de sa réalité, plutôt qu’à un personnage de l’autre genre. Ca va vraiment dans le sens d’un essentialisme masculin/féminin qui me dérange de plus en plus. Et comme tu le dis si bien, à l’heure où les frontières entre les genres se floutent, on entrevoit de plus en plus nettement la limite d’un tel raisonnement.

      C’est très parlant, l’exemple de ton ami qui n’est pas certain des réactions de ses personnages féminins. Et c’est vraiment ça, le problème : au final, pourquoi une femme réagirait-elle forcément différemment d’un homme dans une situation donnée ? Je pense que c’est en adoptant cette posture que l’on tombe dans les clichés, car malheureusement, la littérature, le cinéma etc ont peu de bons exemples à nous présenter – même si cela s’améliore.

  3. Je lirai tes prochains articles avec plaisir, c’est un thème qui me tient vraiment à cœur aussi ! Je dois dire que le cliché de « l’héroïne badass qui frappe fort, n’a pas d’émotion et n’aime pas le rose » m’énerve tout autant que celui de la cruche douce et passive, pour moi ça revient à tomber dans l’extrême inverse puisque ça amène l’idée qu’un personnage intéressant doit forcément avoir des caractéristiques « masculines ». Au contraire, j’aime beaucoup les héroïnes qui conjuguent féminité et complexité … comme des vrais êtres humains, en fait.
    Personnellement, le héros de mon premier roman est un petit garçon. Pour le suivant j’aurai davantage de femmes mais ce n’est pas spécialement parce que je m’interdis de mettre en scène des hommes (j’ai plein de héros masculins dans mes fanfictions), c’est plutôt que ça me fait plaisir de donner plus de place aux femmes en fantasy.
    D’ailleurs, un personnage féminin qui s’en tire souvent mal dans les romans c’est celui de la mère : j’avais lu récemment un article très intéressant sur le sujet de la place des mères en SFFF, si ça t’intéresse https://www.romansdefantasy.com/2018/06/06/la-m%C3%A8re-absente-en-sf-et-fantasy-faut-il-tuer-la-m%C3%A8re/

    1. Je suis d’accord avec toi, les clichés sont agaçants dans les deux sens, et celui que tu mentionnes est d’autant plus grave qu’il sous-entend que pour être « forte », une femme doit avoir des caractéristiques qu’on attribue généralement aux hommes. D’ailleurs, je l’aborde moins, mais il est évident qu’il serait aussi sympa de présenter des hommes moins badass parfois, avec des caractéristiques traditionnellement plus féminines. Ca va ensemble !

      Très intéressant, l’article ! Il souligne des points qui me semblent extrêmement pertinents, notamment cette idée que très peu d’héroïnes sont des mères, et que les mères sont peu écrites. Finalement, j’ai l’impression que dans les attentes sociales qu’on fait peser sur le rôle de la mère, il y a beaucoup de choses, mais pas le fait de partir à l’aventure en laissant ses enfants derrière (ni de partir à l’aventure tout court, en fait). Cela devient soudainement très encombrant pour l’auteur.e.

      Et je suis d’accord avec toi : donnons de la place aux femmes en Fantasy ! Personnellement, mon roman est « équitable », deux femmes, deux hommes, et j’espère bien brouiller les attentes du lecteur en apportant de la nuance.

      1. J’ai hâte de voir ça 😉
        Le roman « Le cœur cousu » de Carole Martinez a pour ça le mérite de mettre en scène une mère qui n’hésite pas à partir à l’aventure avec tous ses enfants. Je n’ai pas adoré le roman par ailleurs mais en y repensant c’est agréable d’avoir eu ce type d’héroïne pour changer

        1. J’ai lu « Du domaine des Murmures » de Carole Martinez mais pas « Le Cœur Cousu », ça m’intrigue. Si tu cherches une trilogie Fantasy rafraîchissante, il y a la Trilogie du Tearling d’Erika Johansen. Y a pas mal de points très positifs dedans du point de vue des clichés.

          1. Oui il faudrait plus penser aux mères, mais n’oublions pas non plus les grand-mères ! Je trouve qu’il y a assez peu de vieilles femmes dans les livres.

  4. J’adore ton idée de série d’articles, et je la suivrai avec grand plaisir. Elle m’aidera sans doute à identifier les clichés/idées reçues/limitations de mes personnages féminins. J’en ai déjà corrigé plusieurs, mais je n’ai pas le moindre doute sur le fait qu’il en reste plein!

    Merci de tes futurs articles!

    1. Je pense qu’on a tous et toutes le même problème, qui est que certains de ces clichés nous viennent inconsciemment. C’est vraiment difficile de briser ce « cercle vicieux », ça nécessite un réel effort de pensée et franchement, rien qu’à réfléchir à ces articles, je me rends déjà compte de toutes les « bourdes » que j’ai pu faire.

  5. Eh bien, ça promet pour la suite, je lirai avec plaisir, même si tu prêches une convaincue…

    Je plaide aussi coupable pour le petit plaisir caché à lire de la romance de temps en temps ! Je crois d’ailleurs qu’on dit « chicklit » parfois, et rien que ce terme est très révélateur des clichés auxquels il faut répondre pour y écrire !

    J’ai eu une période où j’ai beaucoup lu sur wattpad. J’étais en train d’écrire mon roman (qui pour le coup contient une part de romance)(mais pas que), et je voulais voir ce qui plaisait dans le genre. Et sur wattpad, avec les like et les commentaires, c’est facile d’avoir un aperçu des histoires qui plaisent bien, et donc des personnages et des rebondissements.
    Bref, tout ça pour dire que mon analyse m’a amenée à la même conclusion que toi : toujours les mêmes schémas et personnages féminins creux et condamnés à répéter les clichés que le patriarcat colle aux femmes. Tu as lu une histoire, tu les as toutes lues ou presque. Surtout dans la génération « post-50ShadesOfGrey » dans laquelle nous vivons (beaucoup d’histoires n’en sont que des pâles copies, la red room en moins). Certaines peuvent rester un plaisir à lire s’il y a suffisamment de style et d’originalité pour « masquer » un peu ce trop-vu. Mais globalement, aussitôt lues aussitôt oubliées.

    J’ai la chance d’avoir une petite sœur très au fait des questions de féminisme et de genre. Quand elle a relu mon roman, elle a mis le doigt sur plusieurs éléments de cet acabit et, une fois éclairés à la lanterne du cliché, j’ai eu honte de certains passages. Notamment une scène où un homme insiste lourdement pour se rapprocher d’une femme alors qu’elle est clairement réticente. Quand je l’ai écrite, je l’avais trouvé sexy, mais en vrai c’était à vomir. Alors je l’ai réécrite pour faire disparaitre cette absence de consentement. Et je trouve que ça a donné une vraie force à ce passage (et par ricochet au reste du roman). La femme n’est plus passive mais actrice du baiser. Ça change tout. Et pour le coup, c’est vraiment sexy, mais d’une toute autre manière. Enfin, je ne suis pas très objective non plus ^^’

    Enfin bon, ce gros pavé pour te confirmer que, oui, l’écriture des personnages féminin ne doit pas être prise à la légère et demande un vrai recul pour ne pas tomber dans les schémas qu’on nous sert dès les Disney.

    1. Etonnamment, pour la romance, j’ai comme un seuil de tolérance, c’est-à-dire que je sais que je dois m’attendre à quelques clichés, mais quand c’est too much, ça ne passe plus et ça me fait lever les yeux au ciel. Et parfois j’apprécie un roman, puis je me dis « mais pourquoi tu lis ça ? » et je m’exaspère haha.

      C’est bien que tu aies une personne proche de toi qui puisse avoir ce regard critique sur cet aspect de tes textes ! C’est vraiment difficile de prendre suffisamment de recul soi-même, même si la question « aurais-je aussi écrit ça si c’était un personnage masculin ? » est un bon début de réflexion.

      J’espère que la série te plaira !

  6. Je suis impatiente de lire toute ta série d’articles, ça promet d’être intéressant !

    Sinon, comme je passe des heures et des heures à me renseigner sur la représentation des personnages dans la littérature, du coup j’ai un grand stock de liens à partager !
    Je vais mettre là uniquement ceux que j’ai en rapport avec les femmes mais je préfère préciser, si jamais ça intéresse, que j’en ai aussi pleins d’autres sur le manque de diversité des personnages en général ou encore qui parlent spécifiquement du manque ou de la mauvaise représentation d’un type de personnages en particulier : handicapés, racisés, gros, ect.

    Donc, déjà sur le blog Monde-Fantasy il y a : (et j’encourage toute personne aimant la fantasy à jeter un coup d’œil à l’ensemble du blog parce qu’il est très intéressant, enfin perso j’adore)
    http://www.monde-fantasy.com/les-femmes-et-la-fantasy (qui parle des stéréotypes de personnages féminins dans les romans de fantasy, contient 2 vidéos sur les stéréotypes genrés dans la science-fiction et dans la littérature jeunesse, parle des autrices dans le monde de l’Imaginaire et présente quelques livres avec de bons personnages féminins)
    http://www.monde-fantasy.com/top-5-personnages-feminins-fantasy (le titre résume parfaitement)

    Sur Ciel d’Orage :
    http://www.cieldorage.com/2017/03/15/recit-femme-protagoniste/ (Constat sur le manque de personnages féminins dans les livres de SFFF, Pourquoi écrire sur des femmes ? et 10 conseils pour créer des femmes protagonistes originales)

    Sur le blog de Mirion Malle :
    http://www.mirionmalle.com/2015/06/les-personnages-feminins-forts-bagarre.html (Un personnage féminin réussi doit-il forcément être viril ?) (C’est plus sur les personnages féminins à la télé mais ça peut aussi s’appliquer aux personnages de livres)

    Sur le blog de Cordélia :
    http://mademoisellecordelia.fr/les-personnages-feminins-cliches/ (Liste des stéréotypes de personnages féminins)

    J’ai aussi trouvé ça :
    http://merveilles1.over-blog.com/2013/12/les-clich%C3%A9s-cach%C3%A9s-premi%C3%A8re-partie.html (Parle des clichés sur les femmes)

    Et ça :
    http://isabellebauthian.com/je-deteste-les-personnages-feminins-forts-traduction/
    https://www.newstatesman.com/culture/2013/08/i-hate-strong-female-characters (le texte original)

    Dorian Lake réfléchit à comment faire avec un personnage qui n’est pas du même sexe que l’auteur(e) :
    http://dorianlake.blogspot.com/2015/10/la-personnage-et-le-genre.html

    Ghaan Ima lui répond :
    http://ghaanima.com/femme-ou-homme-un-personnage-est-juste-un-humain-pas-si-sur

    Voilà, je pense que c’est à peu près tout.
    J’écrirai aussi sûrement bientôt sur le sujet parce qu’on n’est jamais assez à en parler.

    1. Merci pour tous ces liens, y a plein de choses très intéressantes là-dedans, et ça fait plaisir que les blogueurs en parlent de plus en plus ! Il est certain qu’on veut nous faire croire que la seule solution pour une héroïne convaincante est d’avoir des caractéristiques masculines. Dans ce genre-là, Lara Croft m’a toujours agacée, avec ses seins volumineux et son goût des armes. En soi, ce n’est pas grave d’avoir de tels personnages, mais c’est plus grave de n’avoir qu’eux auxquels s’identifier. J’espère que la suite de la série ne te décevra pas !

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