Le point d’avancement de Février

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Eh oui, février est déjà là, accompagné de ses impitoyables épisodes neigeux (j’exagère à peine). Comme je l’avais annoncé dans le point de décembre, les points mensuels feront désormais leur apparition le 15 du mois. Pour cette première, je suis donc pile à l’heure !

Les chiffres versus la réalité

Je pense que vous vous en doutez, mais s’il n’y a pas eu de point en Janvier, c’est parce que la période est extrêmement chargée pour moi en ce moment. Mon travail me laisse vraiment peu de temps libre entre Janvier et Avril. J’avoue ne pas avoir suffisamment bataillé pour faire une place à l’écriture dans ce quotidien épuisant et bien rythmé. Pourtant, je suis plutôt satisfaite de mon avancement.

Ce n’est pas seulement parce que j’ai décidé de faire preuve d’un peu plus de bienveillance envers moi-même. Même si les chiffres disent que je n’ai écrit que 3000 signes espaces comprises, ils ne reflètent pas la réalité. Concrètement :

  • Le chapitre 4 comporte des scènes très dures, dont un viol, et je n’étais vraiment pas en état d’écrire ça. Or, la semaine dernière, j’ai enfin réussi à mettre en mots cette scène et je sens que cela va me débloquer pour la suite du chapitre.
  • A la base, j’avais prévu d’alterner les chapitres d’Elya et de Kooy pendant une grosse moitié de mon premier tome. Après mûre réflexion, je me suis rendu compte que cela manquait de dynamisme. En effet, Elya est un personnage assez passif au début du roman. Quant à Kooy, c’est quelqu’un qui s’ouvre assez lentement au monde et à lui-même. Ni l’un ni l’autre n’apportent de légèreté ni ne permettent de réellement poser les enjeux « macro » de l’histoire. J’ai beaucoup pensé à ça ces deux derniers mois, et deux nouveaux personnages ont fait leur apparition. Enfin, ce n’est pas totalement exact. J’avais prévu de les introduire à la fin du tome 1, ou carrément au début du tome 2. La première, Lillà, est une jeune femme qui vit à Soleticia, la capitale de mon univers. Elle apportera de la légèreté et surtout, par contraste, une meilleure compréhension des autres personnages. Le second, Stéphane, est un aumônier qui accompagne le peuple dans ses misères. Lui me permettra de faire comprendre les enjeux globaux de l’histoire et d’apporter un peu de contexte.

Détachement et bienveillance

Toute cette réflexion m’a fait comprendre qu’au final, les chiffres ne veulent rien dire. Il y a des périodes où l’on ne parvient pas à écrire, où les choses s’emmêlent. Où l’on manque de temps et d’envie. Mais ça ne veut pas dire que notre roman ne continue pas à vivre à l’intérieur de nous. Souvent, ces périodes de vide nous permettent de prendre du recul et de laisser plus de place à de nouvelles idées. En tout cas, elles ne justifient aucunement de culpabiliser comme je le faisais auparavant.

Je pense que nous avons tous beaucoup à gagner à nous détacher un peu des chiffres et des statistiques. S’ils peuvent être motivants quand tout se passe bien, ils peuvent également se révéler destructeurs dès lors qu’on n’atteint plus les objectifs. Je ne sais pas vous, mais je suis tellement fatiguée des objectifs qu’on me fixe au travail, que c’est à se demander pourquoi je m’en fixe encore à moi-même. D’ailleurs, cela fera sûrement l’objet d’un prochain article.

 

On se retrouve pour un prochain point le 15 mars. En attendant, si ça vous chante, j’ai participé à une interview pour Julien Hirt. Je vous conseille au passage son blog qui vaut vraiment le détour !

 

Photo de couverture by Galina N on Unsplash

13 commentaires sur “Le point d’avancement de Février

  1. En effet, il serait dommage que même les artistes tombent dans le travers actuel de notre société : tout quantifier et mesurer à l’aune de chiffres et de courbes de croissance (ou d’évolution) à qui l’on peut faire tout dire et rien dire 😉 Tu as raison, il n’y a pas à culpabiliser pour les moments où tu n’écris pas. Se fixer des objectifs chiffrés peut être motivant à certains moments (comme pendant le NaNoWriMo), d’autant plus que comme tu dis, on a déjà l’habitude de fonctionner ainsi dans notre vie professionnelle, mais il ne faut ni qu’ils deviennent source de pression, ni qu’ils précipitent trop l’écriture au risque de te faire accoucher d’un prématuré quand le petit aurait pu naître en parfaite forme avec un peu de patience – et de pauses régénératrices – supplémentaires 😉

    Courage ! Tu es sur la bonne voie, ne lâche rien \o/

    1. Merci pour ton commentaire !
      C’est vrai qu’on a souvent tendance (moi la première) à partir sur des objectifs chiffrés et je commence à me rendre compte que c’est une méthode qui ne fonctionne pas trop pour moi. C’est notamment pour ça que je préfère la méthode de Samantha Bailly, le défi sablier, qui consiste à s’accorder un temps d’écriture (10 minutes, puis 15, puis 20… et cela augmente au fil de la semaine) sans objectif chiffré. C’est important, je trouve, d’apprivoiser son propre rythme et de faire preuve de bienveillance. Ca me fait super plaisir que tu suives mon blog, je vais aller faire un tour sur le tien, héhé !

      1. Mais je t’en prie ! Ton blog est vraiment chouette, j’aime beaucoup ta façon d’aborder l’écriture et ses difficultés, je me retrouve totalement dans tes articles.

        Je ne connaissais pas le défi sablier, je vais aller regarder ça, merci pour la découverte =D

        À bientôt 😉

  2. « Souvent, ces périodes de vide nous permettent de prendre du recul et de laisser plus de place à de nouvelles idées. »

    Voilà exactement ce que je me suis dit en lisant le début de ton article. Oui, je le ressens comme toi, et oui, le roman, l’intrigue, les personnages, le monde continuent à se former sans qu’on ait besoin d’écrire, sans même qu’on ait besoin d’y réfléchir.
    Je considère que les pauses, quels qu’en soient les causes, participent au processus créatif. Elles permettent de prendre du recul et de laisser le projet maturer. Si on ne se précipite pas, on voit bien mieux les faiblesses de son travail. Reste à trouver le courage de les modifier, mais je sais que tu l’as 😉

    Je suis contente pour toi, pour ce travail sur ton roman, et aussi un peu sur toi-même 🙂

    1. Merci pour ton commentaire <3
      C'est vraiment ça : tout continue de se former, même quand on cesse d'y réfléchir. Et c'est plutôt cool car les personnages qui sont nés pendant cette période de vide, je les trouve vraiment intéressants, notamment en terme de diversification des archétypes. L'avantage, c'est que comme je n'ai écrit que 4 chapitres pour le moment, tout est encore facilement modifiable ! Quand j'ai tendance à bloquer dans l'écriture, je sais que c'est parce que quelque chose cloche, je n'arrive pas à écrire un chapitre qui ne me convainc pas. Et là, je sentais un besoin de renouveau au niveau du rythme. Bref, je suis plutôt contente de moi même si concrètement, mon chapitre 4 est toujours en cours d'écriture.

  3. J’ai bien fait de mettre ton blog en page d’accueil ! Je ne loupe plus tes nouveaux articles et j’ai une jolie page à voir 🙂
    Très sympa ton article et très intéressant. C’est une réflexion que j’ai mené du côté du dessin mais que je n’ai pas amené à l’écriture (simplement je pense du fait que je me mets moins la pression sur cet aspect…).
    Je crois que j’aurais du mal à me faire un tableau comme celui présent en haut de page. Déjà rien que parce que je n’écris pas de scénario *urg* et ensuite la relecture est tellement longue chez moi qu’elle se fera je pense jusqu’à la fin de l’écriture du roman et encore bien au-delà…

    Au plaisir de te lire sur un prochain article, que ce soit sur les objectifs ou un autre sujet !

    1. Ah super, sois la bienvenue ici ! <3
      Je vois ce que tu veux dire pour le tableau. Au final, je pense qu'il sera amené à pas mal évoluer avec le temps car en effet, j'ai tendance à effectuer beaucoup de relectures successives. Je pense qu'une fois que j'aurai atteint le chapitre 10, je chercherai une représentation plus globale de mon avancement. J'ai l'impression qu'en écriture, on progresse plus ou moins de la même manière. Si je ne me trompe pas, tu ne planifies pas grand-chose non plus ? Quand je dis "scénario", ça correspond généralement à deux lignes : il se passe ça et ça dans le chapitre. On est loin d'un réel plan haha.

  4. Beaucoup de choses ne sont pas quantifiables en effet, surtout les réflexions les plus précieuses. Elles n’arrivent qu’en temps voulu, alors rien ne sert de courir ~
    Je suis très curieuse du personnage de Stéphane. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais en deux phrases, j’ai envie d’en savoir plus et de me plonger dans ce qui fait sa vie.
    Bon courage pour la reprise et l’avancée de ton chapitre 4 !

    1. Merci pour ton commentaire et ta curiosité, qui me donnent envie de parler un peu plus du personnage de Stéphane. Je ferai très certainement un tableau d’inspiration pour lui, j’ai déjà plein d’images qui me viennent à l’esprit. Et oui, entièrement d’accord, certaines avancées cruciales ne sont pas quantifiables quand on écrit. Il y a des choses qui se tissent, qui se débloquent, parfois même sans qu’on y pense. Bon courage à toi aussi pour les Oiseaux !

  5. J’ai aussi beaucoup culpabilisé de ne pas réussir à avancer « concrètement » dans l’écriture, mais maintenant j’ai compris que l’écriture d’un roman ne peut pas être réglée comme une horloge avec un cadencement et une production réguliers… Bref, bonne continuation pour les chapitres suivants ! 🙂

    1. Exactement… Le plus important, je crois, c’est d’apprivoiser son propre rythme. Il y a des périodes plus propices que d’autres à l’écriture et il faut toujours rester bienveillant envers soi-même dans les périodes les moins productives. Même si je reste admirative des écrivains qui parviennent à écrire x mots chaque jour, avec une grande régularité… je sais que cette méthode n’est pas pour moi et ne s’adapte pas à mon emploi du temps par ailleurs déjà chargé. Bref, merci beaucoup pour ton commentaire !

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