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Le Page de l'Aurore, un roman désarmant

Une fois n’est pas coutume, je vous propose ma chronique d’un roman que j’étais impatiente de découvrir, Le Page de l’Aurore, d’Astrid Stérin (du blog L’Astre et la Plume). Elle a éveillé ma curiosité à travers ses articles et j’ai eu la chance d’y avoir accès grâce à Simplement.pro. Je suis ravie de vous en parler aujourd’hui !

Présentation du roman Le Page de l’Aurore

Il était une fois au Royaume d’Or, un petit page aux boucles blondes et à l’âme tendre nommé Cœur de Lorelonne. Confié à la cour du Roi pour le protéger des menaces qui planent sur sa vie, il va y découvrir un tout autre monde que celui de sa province d’origine, frontalière du royaume de Torraure.

Il était une fois en Torraure une Sorcière de Fer, reine crainte d’un pays honni. Entouré des plus sombres rumeurs, son règne oppresse chaque jour un peu plus les royaumes voisins, attisant des conflits ancestraux.

Lorsque la guerre éclate finalement, face aux tours obscurs préparés par la Sorcière, Cœur devient le seul espoir de victoire dans ce conflit trop grand pour lui. Et c’est un bien long voyage qui attend ce petit héros à la loyauté de chevalier, mais au cœur d’enfant.

Du récit de cape et d’épée au roman historique, Le Page de l‘Aurore puise ses sources dans un amour de la grandeur et de la tradition chevaleresque. C’est un tableau aux teintes de la Renaissance, où chaque dorure a sa tache de noirceur et chaque pique de fer son éclat de lumière.

Le Page de l’Aurore, d’Astrid Stérin, aux éditions du Sylphe Rouge

Cœur de Lorelonne, un héros pas comme les autres

Lorsque j’ai commencé Le Page de l’Aurore, j’ai d’abord eu peur qu’il ne me séduise pas. J’accorde une grande importance aux aspérités des personnages et il se trouve que Cœur, le héros, est très lisse. Il est gentil, attachant, loyal, fidèle à ses principes et d’une innocence assez touchante. En parfait chevalier, il n’a d’yeux que pour son souverain. Il fait tout pour se montrer digne de l’honneur que celui-ci lui a accordé en le laissant rejoindre sa suite. Deuxième obstacle : au début du roman, il est très jeune, avec tout ce que cela suppose de naïveté dans son rapport au monde. Bref, je craignais de ne pas m’attacher à lui.

Pourtant, le charme a opéré assez rapidement. Déjà, il faut dire qu’il est agréable de découvrir le Royaume d’Or à travers des yeux aussi impressionnables. Tout devient merveilleux, entraînant, incroyablement efficace. Je suis très admirative des ambiances qu’Astrid est parvenue à dépeindre. Le fonctionnement de la Cour, l’omniprésence des arts et l’importance accordée à la mode et au bon goût nous transportent dans un Versailles fantasmé très convaincant. J’ai particulièrement apprécié découvrir l’Impertinente Comédie et faire la connaissance de Maître Lierre, sculpteur des statues d’Or. Ah, et grosse note positive sur les dialogues ! Astrid réussit le pari de nous transporter dans une autre époque, tout en respectant l’âge et le caractère de ses personnages.

L’opposition entre Torraure et le Royaume d’Or : un tour de force littéraire

Petit à petit, j’ai compris que l’innocence de Cœur était en fait un vrai tour de force littéraire. Au début, elle le pousse à croire tout ce qui se dit sur le royaume de Torraure. Et croyez-moi, il ne se dit pas grand-chose de positif sur cet endroit au Royaume d’Or ! Il a hérité de la haine que toute sa famille porte à la Sorcière de Fer. Une haine ancestrale qui se nourrit de conflits incessants aux frontières. Mais plus l’intrigue avance, plus il est clair que si Cœur est innocent, il n’est pas naïf pour autant. La guerre qui se déclare entre les deux royaumes est l’occasion pour lui de découvrir de nouveaux horizons et de remettre en question ses croyances.

Et c’est peut-être bien là tout le propos du roman : l’innocence, c’est ce qui permet au héros de se libérer de ses préjugés quand tous les autres autour de lui restent englués dedans, affligeants de bêtise parfois (coucou les parents de Cœur !). D’ailleurs, la fin est excellente bien qu’amère pour le personnage principal : un équilibre parfait qui entérine un message fort et efficace.

A qui conseiller Le Page de l’Aurore ?

En résumé, Le Page de l’Aurore est un roman désarmant d’originalité, de tendresse et de pertinence. Il se révèle efficace grâce à un style évocateur et des personnages attachants et je suis d’autant plus heureuse de m’être plongée dans cette lecture que je suis le blog d’Astrid depuis un certain temps.

Je le conseille évidemment à tous ceux qui aiment les récits de chevalerie et les romans historiques ! Même s’il appartient clairement aux littératures de l’imaginaire, le roman est très bien documenté, avec des ambiances délicieuses qui raviront les passionnés. Je pense qu’il est aussi accessible aux jeunes adolescents qu’aux adultes, grâce à son petit héros au grand cœur et à son message fort. Il porte une dimension presque universelle, à la manière d’un conte ou d’une histoire qu’on transmettrait au coin du feu – d’ailleurs, la dernière page joue admirablement avec ces codes. C’est pourquoi je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’être un amateur de Fantasy pour se laisser séduire.

Et vous ? Avez-vous lu Le Page de l’Aurore ? Qu’en avez-vous pensé ?

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