Ecrire sur soi #1 – « Je me souviens »

Catégories Réflexions sur l'écriture

Comme je suis administratrice d’un forum d’écriture et que la page blanche – c’est bien connu – est la bête noire des écrivains, je suis constamment à la recherche d’idées pour animer des ateliers d’écriture. Aujourd’hui, j’inaugure une nouvelle série d’articles. Je l’ai intitulée « Ecrire sur soi ». J’y partagerai avec vous des défis d’écriture que j’affectionne. Je pense qu’ils pourraient vous aider à dérouiller votre plume en cas de manque d’inspiration.

Pourquoi écrire sur soi ?

Vous tenez un journal intime ? Vous connaissez donc sans doute les vertus libératrices de l’écriture sur soi. En ce qui me concerne, même si je n’ai jamais tenu de journal, je suis intimement convaincue que toutes les choses que l’on a dans la tête, qu’elles soient positives ou néfastes, sont plus légères une fois qu’elles ont été couchées sur papier. De plus, cette pratique comporte de nombreux avantages.

  • Tout d’abord, vous êtes le sujet que vous connaissez le mieux. Ainsi, si vous manquez d’idées pour écrire de la fiction, de la poésie ou tout autre genre, pourquoi ne pas piocher dans la matière qui vous est la plus familière ?
  • Ensuite, elle permet de verbaliser des sentiments qui, autrement, seraient difficiles à appréhender. Au-delà de cet aspect thérapeutique, elle peut vous aider à apprivoiser les mécanismes de votre écriture et à comprendre ce dont votre art se nourrit. Cela peut parfois vous donner des clés pour affronter les blocages ressentis sur d’autres projets (romans, nouvelles…).
  • Enfin, elle vous libère de toute pression liée à l’appréciation de vos lecteurs. En effet, écrire sur soi, cela peut parfois se résumer à écrire pour soi. Adieu, jugement sur la qualité technique de votre texte ou votre style ! Bien sûr, les écrits personnels peuvent être partagés dans un second temps, mais je pense que l’acte d’écrire sur soi est quelque chose d’extrêmement intime qui nous rapproche avant tout de nous-mêmes.

A titre personnel, cela fait plusieurs années que je profite du confort douillet du forum d’écriture que je fréquente pour partager des textes qui parlent de moi et de mon regard sur le monde. Et ce que je souhaite vous montrer à travers ces articles, c’est qu’il y a plein de manières de le faire sans pour autant verser dans l’égocentrisme exacerbé.

« Je me souviens »

En 1978, Georges Perec a publié Je me souviens. Il s’agit d’un ensemble de fragments, des souvenirs égrenés un à un, numérotés, et qui mêlent objets du quotidien, sentiments, actualités et anecdotes… Il réunit ainsi les mémoires d’une époque. Pour plus d’infos, Wikipédia est toujours là ! Visuellement, voilà le résultat :

L’exercice est simple. Il s’agit d’écrire, à la manière de l’auteur, une succession de fragments sur vos souvenirs. Ce qui est intéressant, c’est la liberté que cela suppose. En effet, vos souvenirs ne doivent pas forcément se suivre chronologiquement, ni épouser le format très informatif de Georges Perec. C’est dans l’enchaînement de fragments, selon moi, que se créent toute la poésie et l’intimité du texte.

L’avantage ? Vous ne serez jamais à court de souvenirs ! N’hésitez pas à essayer er à me dire ce que vous en avez pensé. Les commentaires sont faits pour ça !

4 commentaires sur “Ecrire sur soi #1 – « Je me souviens »

  1. C’est une forme que j’apprécie beaucoup aussi. Elle dit pleins de choses en peu de mots. C’est imagée et souvent, ça nous replonge dans le moment, l’espace d’un instant et si c’est un bon souvenir, c’est un moment agréable. J’aime ce que tu dis sur écrire sur nous-mêmes. Je tiens un blog, comme tu le sais et ça aide. Puis, je ne sais pas si on le remarque, mais beaucoup de mes histoires sont des fragments de moi. Je pense souvent que c’est pour ça que j’ai du mal avec la critique, je me dissocies pas toujours de ma fiction…

    Super intéressant comme article !

    1. Merci pour ton commentaire ! <3
      Je pense que c'est normal de mettre une grande partie de soi dans ce qu'on écrit, même quand c'est de la fiction. C'est aussi pour ça que je trouve ça hyper important d'entretenir ce rapport intimiste à l'écriture en écrivant des sentiments, des souvenirs... Car cela nous connecte avec nous-mêmes et nous aide, par la suite, pour les textes fictifs.

  2. C’est vrai que l’écriture de soi a quelque chose de libérateur parfois. Je ne pourrais pas me prendre uniquement comme sujet « direct », si l’on peut dire (je m’intéresse à beaucoup trop de chose que j’ai envie de mettre par écrit), mais de toute façon, lorsqu’on écrit, on parle toujours un peu de soi, même indirectement (on évoque ce que l’on aime ou non, ce qui nous tient à coeur, nous fait réagir, etc.). Je me demande si ce ne serait pas pour ça que nombre d’auteurs ont un rapport très fusionnel à leurs écrits ?
    Et j’adore la forme du « je me souviens » que j’ai déjà eu l’occasion de tester sur MàM. C’était vraiment une belle expérience que ce déplumez-vous =) Je crois que ça a été mon atelier préféré sur le forum ^^

    1. Moi ça m’a beaucoup aidée à une période où j’avais dans la tête des choses bien trop lourdes et qui auraient fini par m’empoisonner. Je crois que parfois, l’écriture sur soi permet un vrai « recadrage », ou plutôt recentrage sur soi-même. Après, je pense aussi qu’on parle de nous dans tous nos écrits, d’une manière ou d’une autre. C’est ça qui les rend unique malgré des similitudes au niveau des thèmes racontés par exemple. Oh oui le « je me souviens » <3

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