Journal d’un roman à naître #2 – FAQ

Catégories Vie d'auteure

Pour ce deuxième article de la série « Journal d’un roman à naître », j’ai choisi de répondre à vos questions. Oui oui ! Je les ai piochées dans les commentaires, du coup, je ne peux que vous encourager à poser toutes celles qui vous passent par la tête pour la prochaine Foire Aux Questions.

Désorganisation

Tu parles des méthodes d’écriture que tu pensais être adaptées à ta plume, mais en fait pas tant que ça. Donc je me demandais quelles étaient tes méthodes maintenant et comment tu t’es rendue compte que ça te convenait mieux ?

Avant toute chose, si ce n’est pas déjà fait, je vous conseille de lire mon article A trop vouloir s’organiser…. En effet, il fait une bonne introduction à ce dont je vais vous parler ici. Quand j’ai commencé à réfléchir à mon roman, je pensais être une auteure plutôt structurale. On se demande bien pourquoi, hein, surtout que j’ai toujours été plutôt scripturale dans mon approche de l’écriture. Ne serait-ce que pour les dissertations en classe prépa, j’étais incapable de consacrer deux heures au plan et quatre à la rédaction. Souvent, je faisais plutôt 30 minutes / 5 h 30, et ce pour une raison simple : planifier les moindres détails d’une intrigue ou d’un raisonnement, me prive d’une liberté dont j’ai besoin dans la phase d’écriture.

Ainsi, dans cette aventure romanesque, j’ai d’abord dû apprendre à faire le deuil de l’auteure parfaite que je voulais être. Ca n’a pas été simple, parce que je me sentais perdue dans ce projet. Je ne savais pas par où commencer.

S’apprivoiser

Au début, je n’avais qu’une scène, un personnage : Elya, une jeune femme retenue captive par des mercenaires. Et l’envie d’en faire un roman. Rien d’autre. J’ai avancé pas à pas pour tisser une histoire. Je me suis demandé pourquoi elle se retrouvait dans cette situation. Où on l’emmenait. Petit à petit, j’ai comblé les pièces du puzzle. J’ai ajouté d’autres personnages, j’ai construit certains aspects de ce monde imaginaire…

Quand je travaille sur mon roman, je respecte un principe simple : un chapitre à la fois. Actuellement, je travaille sur le chapitre 2. Je ne sais pas encore de quoi sera fait le chapitre 4. Mes recherches, je les fais lorsque je ressens un blocage dans l’écriture. Je formalise des idées par écrit, mais uniquement quand j’en ressens le besoin. Par exemple, je me suis dessiné une frise chronologique dont le bout est la fin de mon tome 1. Je positionne ensuite chaque chapitre sur cette frise, avec quelques mots clé. Cela me permet de visualiser facilement mon roman.

A titre d’exemple, quand j’ai commencé mon chapitre 1, je savais que mon personnage serait un paysan. J’ai réfléchi à son physique, son passé… et peu à peu, il m’a paru évident qu’il devait être un vigneron. Etant donné que je ne bois pas de vin, j’ai alors dû me renseigner sur les cycles de la vigne, la façon dont on fait un vin… Je me suis laissé surprendre par mon personnage, et selon moi c’est ce qu’il y a de plus beau dans l’écriture d’un roman : quand nos personnages nous échappent.

Petits ruisseaux, grandes rivières

Ensuite je serai très curieux de savoir comment tu as eu l’idée de ce roman ? Comment il est né dans ta tête et comment il est entré dans ta vie ?

Comme je viens de l’expliquer, tout est né d’Elya, et de sa situation de captive. C’est une scène très visuelle dans ma tête, très forte, que j’ai écrite pour un atelier d’écriture, en 2014. Et qui n’a jamais cessé de vivre dans un coin de mon esprit. Comment j’ai eu cette idée, à l’époque ? Eh bien, je devais écrire à partir d’une image, qui représentait une femme en train de danser dans un contexte un peu moyenâgeux. Des années plus tard, j’avais la certitude que ce texte-là pouvait se transformer en roman. Je crois que c’était la première fois qu’un de mes personnages me surprenait. Que j’avais envie de savoir ce qu’il allait devenir.

Le reste n’est pas venu tout de suite. J’ai longtemps réfléchi au pourquoi de cette scène. Les idées se sont ensuite empilées peu à peu comme des briques Lego. Tout ça pour dire : il ne faut jamais négliger les petits textes que l’on écrit, car parfois, ils finissent par nous mener quelque part.

 

J’espère que cet article répond bien aux questions, et qu’il apporte un nouvel éclairage sur mes méthodes d’écriture et la manière dont mon roman est entré dans ma vie. La prochaine fois, je vous parlerai de mon rapport à la fantasy et des raisons qui m’ont poussée vers ce genre pour un premier roman. En attendant, si vous avez des questions complémentaires, je serai ravie d’y répondre dans les commentaires !

6 commentaires sur “Journal d’un roman à naître #2 – FAQ

  1. « c’est ce qu’il y a de plus beau dans l’écriture d’un roman : quand nos personnages nous échappent. » Je l’interprète aussi que notre personnage prend vie. « Il devient » au lieu « d’être », seulement. Il nous échappe parce qu’il n’est plus qu’une idée. C’est ça qui est beau et je pense que c’est là qu’on peut dire qu’on tient quelque chose de vraiment précieux.

    1. Exactement ! Au final, le plus important et le plus difficile c’est d’insuffler à ses personnages le petit quelque chose en plus qui les rend « réels » et attachants, et qui peut partiellement rattraper une intrigue pas terrible ou un style fragile (à mon sens). J’ai l’impression que ça passe en partie par les failles, mais pas que, car un personnage trop faillible en devient aussi un peu cliché. J’essaierai de poser tout ça dans une réflexion un peu plus poussée !

  2. J’aime beaucoup la formule d’Ephémère sur les personnages qui deviennent au lieu d’être.
    Je crois que ça m’est arrivé une ou deux fois, quand j’ai écrit des nouvelles, que mes personnages fassent des choix et me forcent à les comprendre. C’est le cas d’Ophelia dans Sati (oui, je dis pas qu’elle s’appelle Ophelia mais je le sais !). Du coup elle m’a beaucoup marqué dans ma vie, même si son histoire ne dure qu’une page et demi.

    1. C’est vrai que certains personnages nous marquent plus que d’autres… et ce peu importe la longueur du texte ! Je me demande si ça n’arrive pas quand on crée des personnages qui ne nous ressemblent pas du tout, ou bien qui sont dans des situations ou des époques qui sont à l’opposé de ce que nous connaissons… et qui du coup s’émancipent plus facilement des idées et de la personnalité de l’auteur ?
      C’est marrant que tu cites ce texte-là parce que je pense que ça reste un des tiens que j’ai préférés. Ophelia était un personnage assez énigmatique et il me semble me souvenir que tu avais expliqué son comportement dans un long post, preuve que c’était un personnage assez creusé mais déjà indépendant.

  3. C’est très fort cette formule : « faire le deuil de l’auteure parfaite » que tu voulais être. Ça semble très douloureux d’une part, mais aussi libérateur et surtout novateur. Cette liberté qui t’est nécessaire pour écrire l’est aussi pour devenir l’auteure que tu es.

    Tout est parti de ce personnage d’Elya alors ? Comment as-tu vécu avec elle alors que tu n’écrivais pas encore ce roman ? Est-ce que tu arrives à comprendre maintenant, avec un peu de recul, pourquoi ce personnage-là t’as « attachée » à son histoire ?

    1. Le prochain article parlera justement d’Elya ! Je note donc toutes tes questions pour y répondre à ce moment-là. ^^

      Et oui, c’était assez douloureux pour moi de faire le deuil de l’auteure organisée, qui sait où elle va. Il faut savoir aussi qu’avant de commencer mon roman, je ne retravaillais jamais mes textes. Il a donc fallu apprendre ça aussi. Maintenant, je dois dire que je suis dans un état d’esprit plus apaisé. Je sais que j’écris lentement, mais je me dis que tant que j’y prends du plaisir, rien ne presse !

Laisser un commentaire