Questionnaire pour les écrivains de fiction

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Aujourd’hui, je reprends un questionnaire trouvé sur le blog de C. Kean, à destination des écrivains de fiction. C’est une idée de Béatrice Aubeterre. N’hésitez pas à le reprendre et à le faire tourner, je viendrai le lire avec plaisir !

1ère partie : Vos histoires

La première que vous ayez entreprise : Une fan-fiction tout ce qu’il y a de plus cliché sur les membres du groupe Tokio Hotel et qui s’appelait, je crois, Si j’avais su, j’aurais pas venu. Oui, bon. Il faut dire que c’est dans ce contexte-là que j’ai commencé à écrire, vers l’âge de 14 ans. Je venais de débarquer sur un forum de fans et écrire des fan-fictions avait un côté communautaire qui m’a tout de suite plu. Cela étant dit, on sentait déjà à l’époque que je n’étais pas douée pour les titres.

La première que vous ayez terminée (ou la plus avancée) : Je n’en ai pour l’instant terminé aucune. Les fan-fictions de ma jeunesse ont fini par s’essouffler d’elles-mêmes, même si celle dont je vous ai parlé précédemment atteignait quand même les 70 pages Word. Il faut croire que quand j’écrivais des conneries, mon rythme était beaucoup plus rapide !

Celle sur laquelle vous travaillez actuellement : Si vous me suivez, la réponse ne vous surprendra pas. Depuis plusieurs mois, je travaille sur Eclosions, le tome 1 d’une duologie de Fantasy qui me tient très à cœur. C’est un projet qui a mûri longtemps avant de pouvoir se coucher sur papier. J’en suis au chapitre 4.

Celle que vous écrirez un jour : Cela peut sembler un peu bête, dit comme ça, mais j’ai toujours été une amoureuse des histoires d’amour. Les belles, celles qui ont marqué la littérature. Et j’ai déjà, à l’intérieur de moi, l’idée de celle que je voudrais écrire. Je sais qu’elle a encore besoin de temps, alors elle n’a ni titre, ni plan, rien. Mais elle existe déjà un peu, dans mon cœur. Et je vais la laisser y habiter de longues années avant d’oser travailler dessus !

Celle que vous avez abandonnée : Une autre fan-fiction, qui s’appelait Couleur Océan et qui, pour le coup, était quand même mieux construite et plus originale que celle dont je vous ai parlé avant. Aux limites du fantastique, elle parlait d’un homme dont l’énergie vitale était peu à peu dévorée par une créature marine proche de la sirène, et qui ne pouvait s’empêcher d’y retourner sans arrêt. C’était toujours sur Tokio Hotel, mais clairement, il n’y avait plus vraiment de lien avec la réalité. A cette époque, j’utilisais le côté fan-fiction pour m’économiser la création de personnages car je ne m’en sentais pas capable. Utiliser les membres de ce groupe permettait à mon lectorat de s’y retrouver immédiatement. Bon, je l’ai abandonnée quand j’ai quitté le forum de fans et que ma passion pour le groupe s’est un peu tarie.

Celle que vous reprendrez un jour : Aucune. Si je les ai abandonnées, c’est que je n’y prenais plus de plaisir ou qu’elles n’en valaient pas la peine. J’ai bien assez de projets dans l’avenir pour revenir sur de vieilles histoires délaissées.

Celle qui vous a pris le plus de temps à écrire : Encore une fois, je n’en ai fini aucune, mais c’est très certainement Eclosions qui me prend le plus de temps à écrire. J’y mets tellement de cœur que j’ai de la peine à dépasser les 500 mots dans mes meilleures journées.

Celle qui vous a pris le moins de temps à écrire : Mes fan-fictions. Peut-être parce que je ne visais pas la qualité mais l’expérience de partage avec les autres fans, je ne sais pas.

Celle dont vous avez le plus honte : Au vu des réponses précédentes, je ne pense pas avoir besoin d’en rajouter une couche !

Celle dont vous êtes la plus fière : Je suis fière de toutes mes histoires hors fan-fictions, y compris les courtes qui tiennent en une ou deux pages Word. De toute façon, il n’y a que deux options pour moi : abandonner une histoire ou la travailler jusqu’à en être fière. Souvent, cette fierté a du mal à s’exprimer au moment où j’achève l’écriture, mais elle est là, tout de même. C’est important.

2ème partie : Vos personnages

Celui que vous aimez le plus : Syl’ha, un des mercenaires qui ont enlevé Elya au début du roman.

Celui que vous aimez détester : Pour l’instant, je ne vois pas. Je crois que je suis plutôt incapable d’écrire un vrai salaud, un personnage méchant qui mériterait d’attiser la haine.

Celui que vous écrivez le plus facilement : Aucune hésitation pour cette question : Elya. J’ignore pourquoi mais je me sens proche de la douleur qu’elle ressent dans le roman alors même que je ne l’ai jamais ressentie. Je crois qu’elle m’habite un peu.

Celui qui vous donne le plus de fil à retordre : Etrangement, c’est Kooy. C’est pourtant l’un des personnages principaux. Je pense que tant qu’il sera un peu perdu lui-même et qu’il n’aura pas dénoué les fils de son identité, j’aurai du mal à l’appréhender. Les chapitres qui le concernent sont poussifs et reçoivent souvent beaucoup plus de critiques constructives que ceux d’Elya, ce qui est, à mon avis, un signe de cette difficulté que je rencontre.

Votre meilleur protagoniste : Je pense que c’est Elya, parce que je n’ai eu aucun effort de construction à faire, qu’elle s’est imposée d’elle-même. Elle est aussi suffisamment nuancée pour ne pas être l’héroïne parfaite et c’est ce que je préfère.

Votre meilleur méchant : Joker. Je n’ai pas l’impression d’avoir un méchant, tout du moins pour l’instant. Dans mon roman, j’évite volontairement de dessiner des caractères trop manichéens. Je n’ai pas envie d’écrire des gentils et des méchants, juste des personnages humains, ni blancs ni noirs mais plutôt gris, qui se battent avec leurs propres armes et leurs défaillances.

Votre couple préféré : Je ne peux rien dire, sinon je spoile. Mais ceux qui me connaissent très bien (Ephé !) ont déjà deviné à la lecture du chapitre 2, j’en suis certaine.

Votre meilleure histoire d’amour : Celle que je n’ai pas encore écrite.

Celui que vous avez tué avec regret : Pour l’instant, je n’ai tué personne dans Eclosions. Mais je suis totalement le genre de personne à s’en vouloir d’avoir tué un personnage, même fictif.

Celui que vous avez renoncé à tuer : Personne pour l’instant, mais je crois que je renoncerais assez facilement.

3ème partie : Vos scènes

La plus drôle : Joker. L’humour, ce n’est pas mon truc. Après, il y a parfois des scènes qui me font rire quand je les écris (jamais pour leur côté humoristique, d’ailleurs), mais aucune idée ne me vient, là tout de suite.

La plus triste : J’ai écrit une nouvelle en reprenant l’histoire de Bambi. A la fin, le faon finit par être abattu (comme quoi, je tue quand même des personnages parfois !).

Guillaume sent la rage monter en lui. Bien sûr, qu’il est un homme ! Par contre, il ne sait pas s’il a envie d’être cet homme-là. D’une main hésitante, il prend le fusil. Il n’est pas très sûr de savoir s’en servir, mais il faut mettre fin aux insinuations pesantes de Charlie, son abruti de beau-frère. Une balle entre les deux yeux, et c’en serait fini des moqueries et du rejet. Quitte à commettre un crime, autant que ce soit un crime utile. Non ?

D’un coup net, précis, il abat Bambi. Les oreilles du faon frétillent une dernière fois, avant de s’aplatir dans la terre poussiéreuse. Le printemps est mort.

La plus épique : Aucune scène ne sera jamais plus épique que la bataille du Gouffre de Helm dans le Seigneur des Anneaux. Quoi, je m’égare ? Pardon, c’est que je ne savais pas quoi répondre.

La plus difficile à écrire : Toutes les scènes de fiction sont difficiles à écrire, en ce qui me concerne. Elles nécessitent une précision d’orfèvre.

La plus facile à écrire : A l’inverse, j’écris beaucoup plus facilement la poésie. Mais je crois que ça sort du cadre du questionnaire.

Votre meilleure scène d’action : Je ne crois pas avoir eu l’occasion d’en écrire pour le moment.

Votre meilleure scène d’amour : Pour le fun, je vais répondre que c’est une scène de non-amour, tirée d’une nouvelle. Je ne crois pas avoir écrit de très bonnes scènes d’amour mais j’espère en être un jour capable.

Il fit soudain une chaleur assommante. Ses excuses se confondirent dans ma tête, à tel point que je ne compris pas tout de suite lorsqu’il m’avoua préférer les faveurs de courtisans aux courbes féminines. J’étais humiliée, blessée dans mes espoirs. Courtisée pendant des mois, j’étais rejetée lors de mes propres noces. A quelle farce étais-je donc promise ? Jouer l’épouse aimante, pour couvrir les péchés d’un mari déviant ? Toute une vie s’écroulait devant moi.

« Je suis navré que cela soit tombé sur vous, ma dame. J’ose espérer que ce rôle ne vous sera pas trop lourd. »

Il s’inclina, et disparut. Ainsi, il n’y aurait rien d’autre entre nous qu’une tendresse politique, et j’entrevoyais clairement l’avenir qui m’était promis : celui de tant d’autres avant moi. A ceci près que j’étais mariée au seul homme que mes charmes de femme ne pouvaient pas séduire.

Lasse, je couchai mon corps brûlant dans le lit délaissé.

Votre meilleure description : Encore une fois, je vais répondre de manière un peu générale mais souvent, je décris bien mieux les paysages que les personnages. Je m’y sens plus libre « poétiquement ». Allez, disons que je vous cite celle-ci, tirée d’une nouvelle. Elle est courte mais j’en suis fière.

Il regarde droit devant lui, là où la terre devient si lumineuse qu’on dirait une aquarelle : en contrebas, nuances de vert et de jaune se mêlent pour ne plus former qu’un imbroglio de promesses, des reliefs chauds comme les courbes d’un corps. Ni lui ni moi n’aurions pu nous douter que ce petit chemin de terre sur lequel nous nous sommes arrêtés pour dormir révèlerait un paysage aussi vertigineux.

Votre meilleur dialogue : Joker. Je suis nulle avec les dialogues, j’ai beaucoup de mal à les faire sonner réalistes.

Votre meilleure introspection : Je dirais avec Elya dans le chapitre 2, car c’est un chapitre très introspectif et que j’en suis plutôt fière. Je vous mets un petit extrait :

Son esprit survola les terrains accidentés, martyrisés par des vents incessants. Elle frôla les branches blanchies des pins comme on caresse un souvenir, renouant avec le coeur des siens. Un campement. La chaleur brute d’un feu familial. Les rides de sa grand-mère, comme une myriade de ruisseaux charriant les richesses de la Terre… Son père, son clan. Leur histoire. Mais cette mémoire ne tarda pas à lui échapper, aussi imprévisible que les sabots d’un étalon. Une seule image dévorait toutes les autres : celle du massacre. Le sang et la violence qui souillaient la forêt. Les corps d’hommes, de femmes et d’enfants privés de l’étreinte de la Mère. Ce jour-là, Ayaa avait pleuré. Elya l’avait entendue. Depuis, elle s’était tue.

4 commentaires sur “Questionnaire pour les écrivains de fiction

  1. Contrairement au titre de ta première fan-fiction, je suis contente d’être viendue ! Ca rééquilibre la balance, maintenant que tu sais pour mes canards !

    Je me pose une question, tu dis que tu renoncerais facilement à tuer un personnage, mais pour quelles raisons ?
    C’est toujours intéressant le rapport à la mort dans la fiction, je trouve. Il y a les auteurs qui tuent comme on joue au bowling, ceux qui ne tuent pas, ceux à qui ça arrache le cœur mais qui le font quand même, ceux qui laissent vivre… Et sans doute plein de nuances intermédiaires de tout ça !

    Et j’aime beaucoup l’extrait que tu as choisi pour l’introspection.

    1. Haha, voilà, on va dire qu’on a tous des cadavres cachés dans les placards.

      Disons que je m’attache beaucoup à certains personnages et qu’il devient difficile de m’en séparer. Dans mon expérience de lectrice, il y a des morts qui m’ont traumatisée et que j’ai eu du mal à accepter, même si je les savais nécessaires pour l’intrigue. Du coup, pour être honnête, même si pour le moment je n’ai jamais eu à mener cette réflexion, je m’imagine fléchir assez facilement. En tout cas, il est certain que je ne tue pas comme on joue au bowling (coucou G. R. R. Martin). J’oscille entre « ceux qui ne tuent pas » et « ceux à qui ça arrache le cœur mais qui le font quand même », selon l’attachement que j’ai pour le personnage !

  2. Oooh c’est intéressant comme questionnaire 🙂 Je m’essaierais bien à l’exercice … ça m’ennuie de parler des scènes et des personnages de mes romans encore non publiés, mais j’ai une bonne réserve de fanfictions dont je peux parler en long en large et en travers

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